Roger C. Elobo, Mon Blog

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31 août 2007

31 août 2007, 10 ans déjà !

Aujourd'hui, comme il y a 10 ans, je ressens le vide de mon frère aîné, parti pour l'éternité bien très tôt à mon sens. Aujourd'hui, malgré le tintamarre des appels de Londres, je n'arrive pas à éteindre au fond de moi, le son de son au revoir. Aujourd'hui, parce que je suis loin, de ma terre et des miens, j'ai froid. Il me manque mon frère aîné…

Il s'appelait Etaba Tsimi. Etaba comme le grand-père et Tsimi comme papa ainsi que le veut la tradition. Il était né d'une jeune fille de 17 ans qui avait découvert la vie en ménage un an plus tôt. Il avait vécu comme un jeune de son époque…

Bien qu'il y ait eu entre lui et moi, des naissances et un écart d'âge, j'ai eu avec ce frère des rapports singuliers construits notamment sur le champ des échanges intellectuels. Il était curieux, assoiffé de connaissance, bosseur. Je l'avais beaucoup admiré dans mes jeunes années. Il m'avait beaucoup considéré lorsque j'avait grandi et pris la parole…

Ce dimanche là, vers 19 heures, alors que la maladie finissait par prendre le dessus sur ses forces au terme d'un combat qui avait duré plusieurs années, nous étions, frères, sœurs et ami(e)s comme devant une mort subite. Le choc était fort, au point d'emporter quelques mois après mon père. Et, je dois avouer que son onde de choc n'est pas encore retombée du moins dans nos cœurs…

Pourtant, ce ne fut pas le premier drame de la famille Tsimi constituée. Longtemps avant, celui dont j'étais le cadet avait été fauché, sous nos yeux de mômes impuissants, par un véhicule alors qu'il courrait derrière un ballon, une après-midi. Ce fut pour mon cadet et moi, nos aînés, notre sœur cadette et le jeune frère bien que encore allaité, un vrai traumatisme. Les rituels millénaires de nos traditions nous ont aidés à dissiper ses effets et heureusement à vivre une enfance calme et paisible après cette épreuve…

Aujourd'hui, …

Aujourd'hui, il y a 10 ans, mon frère Etaba Tsimi.

3 commentaires:

Anonyme a dit…

Roger,

J'ai été touchée par la qualité et la teneur de ce message. Je crois que l'on n'a pas besoin d'être votre frère... soeur ou un(e) ami(e), pour comprendre et partager cette douleur poignante. A travers vos lignes, je pense que, quiconque vous lira, entendra résonner l'écho de la voix d'un proche éprouvé; reverra comme dans un miroir ses derniers jours sur la terre. Mais je voudrais simplement vous consoler en vous disant de retenir ceci: la mort est une victoire en Jesus Christ. Je vous souhaite beaucoup de courage.
COURAGE!!!!!

A. D. a dit…

Roger,
C'est avec beaucoup d'émotion que j'ai lu ce témoignage, …, la mort de ton frère aîné ETABA TSIMI; également celle de celui que tu suis je suppose "Jean - Paul". J'aurai aimé lire ce mail vendredi soir. Il est tellement profond ton message. Je ne te dirai pas "courage" comme l'a dit un de tes correspondants anonymes mais je dirai juste "Merci". Merci de nous avoir fait partager ce moment avec toi. Merci de t'ouvrir de la sorte car en t'ouvrant ainsi, beaucoup se reconnaîtront en toi ; des gens qui ont vu mourir quelqu'un de très proche; des gens qui appréhendent la mort avec beaucoup d'appréhension, ceci peut-être un message de courage pour eux car aussi loin que sont les morts, nous pensons toujours à eux et je crois qu'ils sont toujours avec nous.

Ton frère doit être très fier de toi car dis-toi que les morts ne sont pas morts mais ils sont avec nous. Je suis très touchée car en lisant ton histoire, j'ai revu comme un film la mort de mon papa le 30 Septembre 98 alors que j'entrais à l'Université catholique. Quelle tristesse d'apprendre sa mort en direct à la radio alors que je partais prendre ma pause juste après le journal de 13H. Moi qui vivais avec ma mère, j'ai appris la nouvelle à la radio (quelle tristesse!); il n'était alors âgé que de 42 ans. Mort d'une hépatite B.

Merci pour ce message. Ça m'a rappelé que j'ai tendance à oublier mon papa. J'ai des larmes aux yeux en ce moment, je l'aimais énormément; nous avions des rapports très amicaux. J'étais sa fille aînée et il était très fier de moi car j'étais la plus intelligente selon ses dires.

Ouh là là, je me demande si je vais encore m'arrêter d'écrire...

A. D.

Anonyme a dit…

Très beau, rempli d'émotion, et aussi d'un véritable plaisir de lire ceci, malgré la tragédie vécue. C'est dur, et le temps ne peut effacer le manque d'une personne disparue.
En tout cas, Mr Elobo, sachez que vos élèves d'AEI vous apprécient énormément, continuez ainsi !